Les éleveurs prêts à vacciner si leur vétérinaire

le leur conseille​

 

Une étude téléphonique auprès de 400 éleveurs montre que 70% des éleveurs seraient prêts à vacciner pour la prévention de la BVD si leur vétérinaire le leur conseillait. Ce résultat illustre la force du conseil des praticiens, à condition que….

Ce sondage renforce les observations faites par l’enquête d’opinion réalisée auprès de groupes d’éleveurs dans le cadre du plan EcoAntibio 2017. Celle-ci met en évidence deux profils d’éleveurs face à la vaccination, en général.

 

Selon le profil du vétérinaire, l’éleveur perçoit différemment le vaccin

 

               - D’une part, les éleveurs qui utilisent occasionnellement des vaccins. Pour ceux-là, le vétérinaire est une personne pressée, motivée par la facturation. Ils lui font appel le plus tard possible. De fait, le vétérinaire intervient surtout en curatif. Ces éleveurs réservent la vaccination à un petit nombre d’animaux pour une pathologie spécifique… Considérée comme une assurance, ils la remettent régulièrement en cause.

 

               - D’autre part, les éleveurs, utilisateurs réguliers de vaccins, apprécient le vétérinaire qui s’implique et prend le temps de comprendre l’élevage. Ces éleveurs sont réceptifs aux conseils de leur praticien, avec lequel s’établit une véritable collaboration et s’installe la confiance. La vaccination s’inscrit alors dans une stratégie préventive globale, bénéfique économiquement et psychologiquement. Surtout, elle devient un outil d’organisation du temps de travail. Par ailleurs, elle est source de satisfaction, car les éleveurs ont l’impression de gérer au mieux la santé de leurs animaux. Le coût de la vaccination n’est pas un souci : il devient problématique lorsque la vaccination ne semble pas être efficace.  Un bilan régulier s’avère utile…

 

La vaccination n’est pas encore une véritable composante de la prévention

 

Ce constat est d’autant plus intéressant que le vétérinaire reste l’interlocuteur privilégié lorsque la thématique concerne la santé animale. Alors que la presse professionnelle et l’avis des techniciens restent les sources d’information préférées de l’éleveur pour les autres sujets.

Cette enquête qualitative confirme aussi l’importance que les éleveurs accordent à la santé de leurs animaux, perçue comme le reflet de leur propre compétence. S’il leur est toujours difficile d’évoquer les troubles sanitaires de leur cheptel, ils partagent avec fierté leurs réussites en prévention. 

Par ailleurs, ils sont conscients que le coût d’une maladie varie en fonction de son degré de gravité, de son impact autant sur le plan financier, que sur le temps de travail ou le moral. Mais ils ont encore des difficultés à intégrer la vaccination dans une démarche préventive, contrairement aux mesures prises pour l’alimentation ou le bâtiment. La vaccination reste encore un acte déclenché après un épisode pathologique. Le vaccin est considéré comme un autre médicament…

 

Références :

Arnaud Deleu. Freins et motivations à la vaccination en élevage bovin : études qualitative et quantitative. Bulletin des GTV - n°83 – juillet-août 2016 – 105-110

La circulation du virus BVD aggrave la mortalité

des veaux

           

La mortalité des veaux serait un bon indicateur d’alerte de circulation du virus BVD dans un troupeau. Le vétérinaire pourrait l’utiliser pour sensibiliser l’éleveur à mettre en œuvre les mesures nécessaires de protection de son troupeau.

 Une étude rétrospective est réalisée sur les données sanitaires de trois troupeaux néerlandais. Ces élevages ont connu une période sans présence du virus BVD, suivie d’un épisode de circulation en 2014 avant de redevenir indemnes.

Il s’avère que la mortalité des veaux est plus importante lorsque le virus circule dans l’élevage. Le même constat est fait pour les trois exploitations. La mortalité (nombre de veaux morts par rapport au nombre total de veaux - âgés de moins d’un an) atteint 5,75 % contre 0,54 et 2,25 pour les deux autres périodes.

Autre constatation intéressante : en 2014, cette mortalité est aussi supérieure dans les élevages contaminés par le virus BVD à la moyenne constatée aux Pays-Bas cette même année. Alors qu’elle est inférieure dans 39 élevages reconnus indemnes (2,57 vs 3,23).

 

Références :

J.M. Houwing et col. Retrospective evaluation of herd health data shows that calf mortality could be an indicator for BVDV infection. 29th World Buiatrics Congress, Dublin, Ireland 2016.

    La présence du BVD-2 confirmée en Belgique

           

Le virus BVD type 2 est bien présent en Belgique et sans doute déjà responsable de pertes en élevages. Ce génotype a été identifié dans des échantillons de deux provenances entre août 2014 et avril 2016. 

    - Les vétérinaires praticiens : le génotype BVD type 2 a été isolé sur quatre de leurs 21 échantillons envoyés, dont deux fois dans le même élevage.

     - Les laboratoires officiels : ce génotype a été retrouvé trois fois à partir des 113 prélèvements du DGZ et autant de fois pour les 104 échantillons transmis par l’ARSIA.

Les analyses sont faites par le laboratoire de référence CODA-Cerva avec un test PCR qui distingue le génotype 1 du génotype 2. Au total, 4 % des échantillons sont positifs pour le BVD 2. Pour l’auteur de l’étude, il serait nécessaire de considérer les deux génotypes BVD-1 et BVD-2 si venait à évoluer le programme d’éradication de la BVD, mis en place en Belgique depuis janvier 2015.

 

Références :

Jo Maris. The confirmation of the presence of Bovine Viral Diarrhea type 2 in Belgium. 29th World Buiatrics Congress, Dublin, Ireland 2016.

La situation au regard de la BVD en Europe demeure extrêmement préoccupante

Les études de prévalence réalisées en Europe depuis la fin des années 70 jusqu’à ce jour montrent le caractère endémique de la BVDV dans tous les pays qui n’ont pas mis en œuvre une politique de contrôle systématique. Dès lors près de 50 % des troupeaux comptent des bovins infectés permanents (IP) et 90 % de l’ensemble du cheptel seront exposés au virus en cours de vie. Les pays qui ont mis en place une politique de dépistage systématique de la BVDV, comme la Norvège, la Suède, la Finlande et le Danemark, n’enregistrent quasiment plus de cas de BVDV.

Références

Lindberg A, Brownlie J, Gunn GJ, et al. The control of bovine viral diarrhoea virus in Europe: today and in the future. Rev Sci Tech. 2006;25(3):961-79.
EU Thematic network on control of bovine viral diarrhoea virus (BVDV). BVDV Control QLRT – 2001-01573 Position paper.