Programme d'éradication de la BVD : des incidences

limtées en Suisse sur la santé de la mamelle, la repro

et la production laitière

 

Les résultats du programme suisse d’éradication de la BVD, mis en place fin 2008, ne sont pas à la hauteur des espérances de l’équipe de la Faculté Vétérinaire de Bern. C’est la conclusion d’une étude dont l’objectif est d’évaluer les effets d’un tel programmesur la santé de la mamelle, la fertilité ou encore la production laitière… Cette étude se concentre sur deux périodes : la période 1, de juillet 2007 à juin 2008, avant l’instauration du programme.

Et la période 2, de juillet 2012 à juin 2013, une fois le programme mis en œuvre. Elle concerne 110 élevages répartis en deux lots de 55 cheptels chacun : un lot témoin et un lot d’élevages où deux bovins infectés transitoires ont été identifiés au cours de la période 1 et jusque fin décembre 2008 ; l’un de ces bovins devant être âgé d’au moins 1,5 an.

 

 

La majorité des éleveurs, sans distinction de groupe, considèrent efficace le programme d’éradication de la BVD, imposé en 2008par les autorités sanitaires suisses. Et ce, même s’ils affirment que la fertilité ou la production laitière n’ont pas évolué après la mise en place de ce programme. C’est ce qu’il ressort du questionnaire réalisé auprès de ces éleveurs. Autre information intéressante : les principaux troubles constatés sont des animaux « qui bricolent », des diarrhées chez les veaux et les vaches.

 

 

L’équipe de Bern a collecté de nombreuses données tant sur la santé de la mamelle que sur les résultats de reproduction.Leur analyse montre que les cheptels des deux lots voient leur taux cellulaire de tank s’améliorer entre la période 1 et la période 2. Dans le lot « Infecté transitoire », un effet stabulation est observé : les taux sont plus élevés pour les stalles entravées que pour les stabulations libres.

 

 

A propos des mammites sub-cliniques, les conclusions sont en faveur des élevages du lot témoin. Si leur situation est déjà meilleure en période 1 que celle des élevages du lot « Infecté transitoire », l’amélioration d’une période à l’autre est aussi plus marquée.

 

 

En reproduction, les résultats sont significatifs uniquement pour les retours en chaleurs. Ils sont sensiblement inférieurs en période 2 pour le lot témoin, alors qu’ils restent stables et à un niveau plus élevé pour les élevages du lot « Infecté transitoire ». Là aussi, les résultats sont meilleurs pour les vaches en stabulation libre.

 

 

Autre paramètre étudié : le coût des traitements. Il recule de près de 5% entre la période 1 et la période 2 pour les cheptels du lot « Infectés transitoires ». Mais cette évolution n’est malheureusement pas statistiquement significative… De même pour la production laitière avecune éventuelle amélioration limitée à 0,5 kg/jour.

 

Référence

A. Tschopp et al, 2017. A matched case-control study comparing udder health, production and fertility parameters in dairy farms before and after the eradication of Bovine Virus Diarrhoea in Switzerland.  Preventive Veterinary Medicine 144,29–39.

Trois ans pour isoler le virus BVD2 dans un troupeau laitier

 

Identifier les IPI et les éliminer ne suffit sans doute pas pour éradiquer la BVD, comme l’indique le cas clinique observé dans un troupeau de l’Est de la Belgique.

Les auteurs décrivent un cas clinique de BVD dans un cheptel de 179 bovins en zéro pâturage, dont une centaine de vaches en lactation. Ce cas débute en avril 2012, alors que des tests réalisés le mois précédent se sont avérés négatifs.

 

Un épisode clinique sévère… sans certitude

 

Des symptômes cliniques sévères apparaissent : hyperthermie supérieure à 40°c, diarrhées profuses parfois hémorragiques, déshydratation rapide, choc très rapide… 17 vaches meurent en une quinzaine de jours. La production laitière connaît des chutes jusqu’à 30 %. Impossible de confirmer le BVD : tests sur tank à lait et sérologies sur plusieurs vaches se révèlent négatifs.

Ce n’est que le mois suivant que les analyses révèlent les trois premiers résultats positifs en BVD sur des vaches laitières. Tous les nouveaux nés sont alors testés : le premier veau l’est en 2012. Né d’une mère gestante pendant la période clinique, le veau s’avère négatif.

L’exploitation met alors en place les mesures préconisées pour faire face à la BVD. La situation paraît maîtrisée… plusieurs veaux s’avèreront être des IPI au fil des années.

 

Prélèvements positifs, isolement du virus BVD2

 

En août 2014, deux génisses de 21 mois tombent malades. Les tests avaient été négatifs à leur naissance. Le BVD2 est identifié sur ces génisses. L’une est morte. L’autre est euthanasiée et confirmée comme IPI. Le virus BVD2 est isolé en grandes quantités dans les nœuds lymphatiques, les tissus…

Tout le troupeau est alors passé au crible, mais aucun animal n’est diagnostiqué positif, jusqu’au 6 mars 2015 où un nouvel IPI est détecté et sur lequel le BVD2 est isolé. Un autre naît le 4 juin 2015, avec une forte suspicion d’avoir été contaminé par un bovin infecté transitoire.

L’origine du virus n’a pas été clairement définie, mais les auteurs pensent que le virus BVD2 est arrivé dans le troupeau en mars 2012. Pour eux, il est fort probable que des faux négatifs se sont cachés dans les tests réalisés en 2014. Les résultats arrivent souvent trop tard. Ils jugent nécessaires de renforcer les mesures de biosécurité et de protéger les animaux par une vaccination.

 

Références :

Jo Maris. « Case report : severe loss on a Belgian dairy farm presumably caused by an infection of bovine viral diarrhea virus type 2 a ». 29th World Buiatrics Congress, Dublin, Ireland 2016.

Un rôle clé du virus BVD dans les bronchopneumonies enzootiques

 

Le virus BVD est le pathogène le plus fréquemment isolé sur les écouvillons nasaux. Ce virus pourrait avoir un rôle majeur dans l’étiologie des bronchopneumonies infectieuses enzootiques (BPIE), notamment par son rôle immunodépresseur.

Ce constat provient de l’analyse de 1 614 prélèvements nasaux réalisés entre 2009 et 2013 sur des veaux atteints de pneumopathie, dans des feedlots espagnols. Six veaux sont prélevés par feedlot à chaque fois qu’une infection virale est suspectée : la présence des virus IBR, BVD et RSV est recherchée par amplification génique. Au total, 269 dossiers sont traités : un sur deux se révèle positif pour le virus BVD (51,4 %), 47 % pour le virus RSV et 13 % pour le virus IBR.

Si les auteurs de l’étude constatent une saisonnalité pour le RSV (de septembre à décembre), il n’en est rien pour les deux autres virus, dont celui de la BVD : ils ont identifié le virus dans les prélèvements tout au long de l’année.

Références :

Robles et col. Detection of infectious bovine rhinotracheitis Bovine Viral Diarrea and Bovine Respiratory Sincitial Viruses in nasal exudate frome calves by RT-PCR. V. 29th World Buiatrics Congress, Dublin, Ireland 2016.

Les récentes épidémies de BVD survenues en Allemagne et aux Pays-Bas étaient dues à une souche particulièrement virulente: le type 2c.

Alerte le 30 mai 2013 – À ce jour, on compte 16 troupeaux infectés par le virus BVD de type 2c en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en Basse-Saxe.
Les signes caractéristiques consistaient en une détresse respiratoire, une dépression, de fortes fièvres, des animaux faibles, des diarrhées sanguinolentes et une mortalité élevée (30 à 50 %). Les Pays-Bas ont ensuite été touchés avec 5 élevages de bouvillons infectés; chaque exploitation comptait des animaux directement importés d’Allemagne. La mortalité a touché jusqu’à 90 % des troupeaux.