Les vaccins vivants polyvalents plus efficaces pour

    protéger le fœtus du virus BVD et réduire le risque

    d'avortements ​

 

     45 % d’avortements en moins et 85 % de réduction du risque d’infection foetale.

Voilà les bénéfices de la vaccination contre le virus de la BVD, comme le confirme la

méta-analysede 44 publications scientifiques rigoureusement sélectionnées pour la 

qualité des travaux et l’interprétation possible de leurs résultats. 

Autres conclusions : l’efficacité supérieure des vaccins vivants atténués polyvalents

(BVDV1 et BVDV2). 

 

 

L’équipe américaine de l’Université d’Auburn (Alabama) avait pour objectif d’évaluer

l’efficacité de la vaccination contre la BVD pour prévenir les troubles de la reproduction

(avortements, infection fœtale et taux de gestation). 

Cette méta-analyse confirme que la vaccination contre le virus BVD réduit significativement

le risque d’infection fœtale de 85 % environ. Effet largement bénéfique comparé au taux de

95,7 % observé chez les vaches non vaccinées, lors de challenge viral en conditions

expérimentales.  

 

Les vaccins homologues plus efficaces

 

L’effet bénéfique est d’autant plus élevé que le génotype de la souche vaccinale correspond à

celui du virus sauvage. Le risque d’infection foetale est près de quatre fois inférieur lorsque la

vaccination se fait avec une souche homologue. Par ailleurs, cette méta-analyse montre que

l’efficacité d’un vaccin polyvalent est plus élevée que celle d’un vaccin monovalent. Tout

comme un vaccin vivant atténué par rapport à un vaccin inactivé. 

Les auteurs de cette méta-analyse mettent aussi en évidence que la vaccination réduit le

risque d’avortements de 45 % chez les vaches vaccinées contre la BVD, par rapport aux non

vaccinées. Là aussi, les vaccins polyvalents ont de meilleurs résultats que les monovalents

et les vaccins vivants atténués se montrent plus efficaces que les vaccins inactivés. Enfin,

les vaccins homologues réduisent les risques d’avortements. 

Quelques travaux constatent en élevages que le taux de gestation est légèrement supérieur

de 5 % chez les vaches vaccinées contre le virus de la BVD. Mais ces résultats ne sont pas

statistiquement significatifs. Ce résultat positif dépend étroitement du délai entre la

vaccination et l’infection par le virus de la BVD.

 

IPI : des risques sous-estimés

 

Aux Etats-Unis, la prévalence des IPI (Infecté Permanent Immunotolérant) est faible et estimée

entre 0,1 et 0,55 %. Mais ces IPI (Infecté Permanent Immunotolérant) diffusent très largement

le virus BVD : les conséquences peuvent être rapidement dévastatrices si un IPI (Infecté

Permanent Immunotolérant) est introduit dans un cheptel naïf. Par ailleurs, plus d’un troupeau

laitier sur deux s’avère séropositif à la BVD : le virus BVD circule à grande échelle sur le

territoire américain. Or selon cette méta-analyse, l’infection d’une vache naïve entre 18 et

125 jours de gestation se traduit par une infection foetale dans plus de 95 % des cas, et donc

par un risque élevé de donner naissance à un veau IPI (Infecté Permanent Immunotolérant).

Les auteurs concluent que « le risque d’apparition d’IPI est largement sous-estimé dans les

troupeaux naïfs ». 
Si l’identification et l’élimination des IPI (Infecté Permanent Immunotolérant) reste la pierre

angulaire du contrôle de la BVD, la vaccination, comme les mesures de biosécurité, renforce

la protection du troupeau contre cette infection virale. L’un des premiers objectifs d’une

vaccination BVD est de prévenir l’apparition de veaux IPI (Infecté Permanent Immunotolérant),

qui sont alors des réservoirs de virus.

References:

Efficacy of bovine viral diarrhea virus vaccination to prevent reproductive disease : a meta-analyse. Benjamin W. Newcomer et al. Theriogenology 83 (2015) 360-365 

 

Le ratio de risque situe l’effet bénéfique ou non. Plus il est faible, meilleure est l’efficacité du critère pris en compte. 

 

 

Le programme d’éradication de la BVD est économiquement rentable en Suisse depuis 2015 avec un bénéfice estimé à plus de 38 millions € de 2008 à 2021. 

 

 

Le programme suisse d’éradication de la BVD afficherait un bénéfice de 44,9 millions de francs suisses (FS) pour le secteur laitier du pays, soit 38,4 millions €. Et ce, pour la période courant de sa mise en œuvre en 2008 jusqu’à 2021 où la BVD devrait être éradiquée. C’est la conclusion commune de la Faculté vétérinaire de Bern et du Collège Royal vétérinaire de Londres. 

 

Les pertes dues au virus de la BVD étaient estimées à 85-89 FS (74 à 78 €) par vache et par an avant la mise en œuvre de ce programme en 2008, soit 1 337-2 535 FS par élevage laitier (1 167 à 2 213 €) selon le profil de l’exploitation. 

Selon les auteurs de cette étude économique, le point mort a été atteint en 2015 : les bénéfices correspondaient aux pertes. Depuis, ils estiment que le programme est bénéficiaire même si la BVD n’a pas été totalement éradiquée (0,2 % soit 111 fermes nouvellement infectées par un IPI en 2015), contrairement aux objectifs de départ de 2008. 

 

Ces conclusions sont issues notamment des hypothèses suivantes :

 - En 2008, la Suisse enregistre 28 014 exploitations laitières avec une taille moyenne de 20 vaches pour une production de 114 000 kg par ferme. 

 

 - L’étude répartit 50 % de celles-ci en élevage extensif (6 000 kg par vache – 15 VL), 20 % en intensif (8 000 kg par vache – 30 VL) et 30 % en intermédiaire (7 000 kg par vache – 20 VL) 

 - Prévalence de la BVD : elle est de 20 % sur l’ensemble des troupeaux laitiers suisses et de 7 % en moyenne intra-troupeau en 2008. Elle est estimée à 0,81 % au sein de la population bovine.

 

De 2008 à 2021, la BVD coûterait 102 millions FS (89 M€) au secteur laitier. Deux critères impactent fortement le coût de la BVD : les pertes en lait et les frais vétérinaires liés aux conséquences sur la santé des bovins. 

Le coût du programme d’éradication est chiffré à 60,9 millions FS (52 M€). Les enquêtes épidémiologiques représenteraient un investissement de 2,2 millions FS (1,75 M€) suite à l’identification d’un IPI dans un élevage, de 2016 à 2021.  

 

Pour les auteurs, les prix élevés du lait, des frais vétérinaires et de l’alimentation, spécifiques au pays,augmentent le coût estimé de la BVD. Néanmoins, le programme d’éradication suisse démontre son efficacité économique, dont pourraient s’inspirer d’autres pays… à condition que la structure de leur secteur laitier soit comparable. Il n’est pas certain qu’un tel programme soit aussi rentable dans les grands pays producteurs de lait

 

Références :

B. Thomann and al. 2017. Economic evaluation of the eradication program for bovine viral diarrhea in the Swiss dairy sector. Preventive Veterinary Medicine. 145. 1-6

 1 € = 1,1456 FS 

 Les vaccins sont mal conservés en élevage

 

Aucun réfrigérateur en élevage ne conserve les vaccins aux températures recommandées par les laboratoires fabricants. Telle est la conclusion de l’étude menée en janvier et août 2014 dans 19 exploitations du sud-ouest de l’Angleterre.

 Les températures ont été relevées par deux thermomètres enregistreurs placés à l’intérieur de chaque réfrigérateur. Un troisième se trouve dans la même pièce que le réfrigérateur. Les températures sont enregistrées toutes les 30 minutes. Seules les données de 17 élevages sont exploitables (dont 8 en lait, 2 en porc, 4 en ovins et 3 en mixte bovin/ovin). La quasi-totalité des réfrigérateurs ont atteint au moins une fois une température supérieure à 8 °C… situation qui se révèle plus fréquente de mai à août. Et 14 des réfrigérateurs ont connu cette situation au moins une fois pendant au minimum 30 minutes. 11 des réfrigérateurs voient leur température passer en dessous de 0 °C : pour sept d’entre eux, cela a été le cas au moins une fois pendant 30 minutes minimum.

 

 Cette étude britannique montre que les températures internes des réfrigérateurs ne correspondent pas aux recommandations de conservation. Les périodes où elles sont en-deçà ou au-delà sont assez longues pour détériorer le potentiel du vaccin, avec un impact négatif sur son efficacité et un risque à terme pour la santé animale. Il s’avère nécessaire de mieux informer les éleveurs notamment en installant de simples thermomètres avec mini et maxi pour contrôler la température et donc la bonne conservation des vaccins.

Référence :

D’après Paul Williams et col.There is a need to raise farmers’awareness of correct vaccine storage temperatures. 29th World Buiatrics Congress, Dublin, Ireland 2016

Le non-respect des règles compromet l’efficacité des vaccins et rend la vaccination inopérante

Le respect scrupuleux des programmes de vaccination est un facteur primordial pour le contrôle de la maladie. Les éleveurs pas plus que les vétérinaires n’ont pas toujours respecté les procédures recommandées, ce qui explique l’échec de la protection vaccinale qui aurait due diminuer la prévalence globale de la BVD au cours des 40 dernières années. Une vaste étude menée en Pennsylvanie montre que seulement 27 % des vaccins contre la BVDV étaient convenablement administrés. Une autre étude portant sur 71 élevages bovins répartis dans 4 comtés du RU indique que seules 24 % des exploitations avaient procédé aux premières vaccinations conformément au calendrier recommandé. Il va sans dire que de telles pratiques ont de graves conséquences quant à l’efficacité de la protection vaccinale.

Références

Lindberg A, Brownlie J, Gunn GJ, et al. The control of bovine viral diarrhoea virus in Europe: today and in the future. Rev Sci Tech. 2006;25(3):961-79.
Meadows D. A Study to Investigate the Use and Application of BVDV Vaccine in UK Cattle. Cattle Practice. 2010; 18(3): 202-15.